Camille Talo récompensé

16
jan
Maquette béton - Prototype constructif Échelle 1.1

Le projet « Tresser la matière Béton, Éloge et réinterprétation du bloc textile de Frank Lloyd Wright » de Camille Talo, étudiant en 2 année de master d’architecture à l’ENSAL, remporte le Trophée béton Studio. 

Le projet

Tresser la matière Béton, Éloge et réinterprétation du bloc textile de Frank Lloyd Wright.

Les maisons Millard, Storer, Ennis et Freeman, érigées entre 1919 et 1924, représentent une étape singulière dans l’œuvre de Frank Lloyd Wright. C’est dans ces villas que l’américain formalise le « bloc textile » ou parpaing mouluré qui transforme la « pierre moderne », le béton, en une matière textile tressée.

Le dispositif articule structure et peau : éléments moulés assemblés en double paroi, séparées par un vide et reliées par un réseau d’armatures. Le béton assume la compression, l’acier joue le rôle de tendeur. L’élimination du joint apparent et l’intégration du ferraillage dans la paroi font de la façade une continuité constructive où l’ornement naît de la répétition et de la trame même.

Ce geste renvoie aux origines semperiennes de l’architecture : la tente et la cabane. Il invite aujourd’hui à reconsidérer la plastique du béton. Le parpaing mouluré réconcilie logique textile et logique tectonique : il tisse la masse, tresse la paroi, fait du motif une armature. L’ornement cesse d’être un décor pour se confondre avec l’acte d’édifier. Intégré au chantier et aux procédés industriels, il retrouve légitimité technique et manufacturière. À l’heure où Adolf Loos lançait « L’ornement est un crime », il faut rappeler le contexte : cet aphorisme traduisait la volonté de rationaliser la production et de réduire les coûts à l’ère de l’industrialisation. La réinterprétation du bloc textile propose plutôt de réconcilier ornement et production, d’inscrire la modénature dans la chaîne du chantier. Comme l’écrivait Heinrich Wölfflin, « l’ornementation est l’expression des forces excédentaires de la forme », ici l’ornement génère l’architectonique.

La proposition dépasse le motif : elle actualise le système constructif : moule unique, répétition modulaire, trame d’armatures. Elle place l’isolant au cœur de la paroi creuse. Ce choix rend la paroi concrète : l’isolant centré rompt l’abstraction du mur, il n’est plus une matière abstraite mais un corps épais, lisible et habité. Le mur redevient une manière de séparer par l’espace mais de rassembler par la matière.

Le parpaing, ce « rat d’égout architectural », anobli par le tressage, retrouve dignité et puissance formelle. Le béton n’est plus seulement une superstructure : il devient matière qui se tisse, qui ondule, qui module la lumière et la profondeur de la façade : matière qui « vibre sous le soleil, comme de la soie » - Frank Lloyd Wright.

Projet encadré par : Stéphane Lièvre 

Maquette béton  Extrait de façade Échelle 1.20 Répétition du Bloc
 Redessin graphique du bloc textile - Élévation, maison Millard (Californie, 1924) - Encre sur papier 50x65cm
Maquette béton  Prototype constructif Échelle 1.1  Composition du Mur

Le trophée béton Studio

Le concours a, pour vocation, de représenter et mettre en lumière la qualité des tra-vaux des étudiants et étudiantes en architecture.

Organisé par les associations Bétocib, CIMbéton et la Fondation Ecole Française du Béton, sous le patronage du ministère de la Culture, le concours remet 4 prix :

  • 3 prix pour le Trophée Béton PFE, qui récompense les étudiants en Master 2 et leur Projet de Fin d’Études
  • Un prix spécial pour le Trophée Béton Studio, qui distingue les étudiants en architecture en cours de cursus

Chaque année, le jury se compose d'une dizaine de membres (architectes, ingénieur, maître d’ouvrage et une personnalité étrangère) sous la présidence d’un architecte ou directeur d’une ENSA.