Le sujet du café
La critique de l’idéologie architecturale (développée par Manfredo Tafuri) visait, historiquement, à dévoiler le message codé des formes architecturales, là où la sublimation des contradictions du capitalisme était la plus intense. Il appartient désormais d’en redéfinir les contenus épistémologiques, stratégiques, mais aussi sa fonction et son rôle pour l’architecture dans « un monde en feu ».
Si l’on considère cette dernière comme un ensemble de savoirs producteur de matérialités idéologiques spécifiques, alors, son utilisation dans la composition et la coordination de nouvelles alliances politiques terrestres ne peut se faire sans l’économie d’un « démantèlement » rigoureux, un débroussaillage épistémologique historique et technique de ses branchements capitalogéniques. On doit donc scruter les nouvelles formes de « compensations idéologiques » : les nouvelles missions confiées aux techniciens du cadre bâti pour sublimer les nouveaux effets régressifs des crises du capitalisme, en l’occurrence, ceux de la crise climatique.
S’attaquer au problème de comment le capital met « la nature au travail », de comment « l’enrôlement de processus d’engendrement de naturalités au service d’intérêts humains » permet leur insertion dans un ensemble de processus productifs, nous oblige alors à mener une réflexion qui permettrait, enfin, de se demander quels types de rapports à la nature, d’alliances et d’engagements les architectes peuvent construire à partir de leur position dans, et non pas face à, la machine de production de l’espace.
La proposition, selon une double herméneutique unifiée empruntée à Fredric Jameson, vise donc négativement à réactiver la critique de l’idéologie architecturale dans une conjoncture de crise climatique ; positivement, à imaginer la place des savoirs architecturaux en tant qu’hypothèse stratégique : « c’est à dire à un projet théorique et pratique à long terme […] indiquant la voie pour produire un autre espace, celui d'une vie (sociale) autre, et d’un autre mode de production ».
Les cafés de la recherche
Les cafés de la recherche sont un moment convivial et accessible pour aborder des sujets de recherche architecturale. À travers les interventions de plusieurs chercheuses et chercheurs, ils favorisent la découverte de travaux en cours et ouvrent la discussion entre équipes étudiantes, enseignantes et scientifiques.
Ces cafés sont ouverts au public extérieur.
Les cafés sont organisés par les chercheuses et chercheurs des deux équipes de recherche :