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Rhodapolis, structure linéaire fluvio-urbaine de la vallée du Rhône

Une forme intelligible de ville diffuse ? Par Ludovic Ghirardi - doctorant
Laboratoire d’accueil : CNRS UMR 5600 EVS –Environnement Ville Société

RHODAPOLIS, STRUCTURE LINÉAIRE FLUVIO-URBAINE DE LA VALLÉE DU RHÔNE

Une forme intelligible de ville diffuse ?

Cette thèse de doctorat traite de morphogenèse urbaine dans la vallée du Rhône, quelques trois cents kilomètres rectilignes de Lyon à la Méditerranée. Elle soutient l’ « hypothèse projectuelle » Rhodapolis, une structure linéaire fluvio-urbaine, qui a pour ambition d’améliorer l’habitabilité de la ville diffuse dans le corridor rhodanien. Cinq « concepts formels » (Dynamic Blue Mesh, structure linéo-réticulaire interactive, archipel linéaire rhodanien, European Urbanized Rivers, ville rézotopique) y sont énoncés et un laboratoire-prototype in situ (LGV-Lab) y est présenté.
Le folioscope liminaire, constitué d’une série de photographies documentaires, porte un regard sur cette Vallée pour révéler la singularité d’un objet géographique qu’on ne saurait pas voir : ce recueil d’images procède d’une extraction d’informations sensibles, sources de problématiques inhérentes au site. La production d’un atlas spécifique comme épreuve épistémo‑iconographique, via le logiciel Q‑GIS, a démontré la valeur cognitive de résultats cartographiques observables dont les morphotypes urbains prospectifs sont les plus représentatifs. Le fleuve, lieu extraordinaire à reconsidérer, véritable agrégateur d’urbanité et de tiers-paysage, constitue la réalité physique d’un genius loci qui doit s’immiscer dans une pensée urbaine standard hors-sol trop dématérialisée. La notion de linéarité ‑à l’origine du réseau- façonnant durablement l’environnement y est questionnée à partir de travaux anthropologiques, géographiques et architecturaux. Désurbanisme, Regional Planning et architecture organique invitent à une relation étroite entre territoire et architecture, interaction de deux échelles antagonistes préfigurant une autre manière de concevoir l’espace urbain du XXIème siècle.
À travers la définition d’une structure hybride, Rhodapolis se veut une forme urbaine capable de faire cohabiter les deux modèles urbains prédominants de métropolisation et de périurbanisation, pour en extrapoler certaines de leurs qualités respectives. Entre autocritique et essai de généralisation, la conclusion propose l’introspection de Rhodapolis, spécimen d’une quatrième ville pensée par le fleuve, dont hybridité, organicité et europanéité seraient les principales caractéristiques. Enfin, cette thèse soutenue par un architecte, a tenté d’avancer ce qui pourrait définir une architecturologie : à partir d’une méthode expérimentale, un recentrement de la recherche architecturale est esquissé, en affirmant à travers le principe transcalaire les notions de forme, de projet et de conception spatiale comme fondements de la discipline.

JURY

  • Laurent DEVISME, Professeur des ENSA, géographe, ENSA‐Nantes
  • Isabelle LEFORT, Professeure des universités, géographe, Université Lyon 2
  • Michel LUSSAULT, Professeur des universités, géographe, ENS de Lyon
  • Vicente MIRALLAVE-IZQUIERDO, Professeur titulaire, architecte, ULPGC
  • Luca ORTELLI , Professeur titulaire, architecte, EPFL
  • Flora PESCADOR‐MONAGAS, Professeure titulaire, architecte, ULPGC