Archi
Recherche


Le patrimoine martyr et la restauration post-bellica

Par Nicolas Detry - docteur en architecture
Directeurs de thèse : Giovanni Carbonara (Professeur à l’Université La Sapienza de Rome), Vincent Veschambre (Professeur à l'ENSAL), Yves Winkin (Professeur au CNAM de Paris)
Laboratoire d’accueil : EVS-LAURE - UMR CNRS 5600
Laboratoire partenaire : EVS-RIVES - UMR CNRS 5600

LE PATRIMOINE MARTYR ET LA RESTAURATION POST BELLICA

Théories et pratiques de la restauration des monuments historiques en Europe pendant et après la seconde guerre mondiale

La destruction des villes a connu une ampleur sans précédent durant la guerre 1939-1945, la reconstruction correspond à un moment de profonde mutation pour l’histoire du monde. C'est dans ce vaste chantier que s’inscrit la restauration post bellica des monuments historiques. Il s’agit de l’intervention architecturale sur la ruine produite par la guerre. Si, selon la célèbre formule de Carl von Clausewitz, "La guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens", il en va de même de la restauration post bellica, qui est également un acte politique, mais au sens constructif du terme. Il existe tant de façons de protéger, de détruire, puis de restaurer les œuvres d’art et d’architecture lors des conflits armés.
L’une des problématiques de cette recherche, consiste à comprendre en quoi les destructions de la Seconde Guerre mondiale ont contribué à renouveler les théories et les pratiques de la restauration des œuvres d’art et d’architecture, mais également de la restauration des tissus urbains. Nicolas Detry a identifié ce renouvellement, pour ensuite le définir et le documenter dans différents contextes spatio-temporels, soit principalement en Allemagne, en France et en Italie ; avec une ouverture sur d’autres pays comme la Pologne ou l’ex-Yougoslavie. La restauration des monuments historiques après 1945 s’appuie sur l’acceptation ou le refus du drame de la perte. En Europe elle se développe selon quatre périodes que j’ai identifiées et qui arrivent au seuil du 21e siècle. Le long chantier de l’après 1945 est un laboratoire européen dans lequel, à partir de la pratique de la restauration, travail alors colossal, urgent et nécessaire, sont élaborées des techniques et des théories toujours valides aujourd’hui.
Ce travail de recherche souhaite éclairer le lecteur dans le labyrinthe de la restauration post bellica, avec la lacune comme fil d’Ariane. La chute d’un fragment d’enduit dans une peinture murale, l’impact de mitraillette dans une façade en pierre, la chute des voûtes et des charpentes d’une église, les cassures dans les travées rythmiques d’une façade, l’écroulement complet de la nef ou de l’abside d’une église, la destruction de tissus urbains autour d’un monument et la démolition d’un ancien pont de pierres sont autant de lacunes qui nous font réagir. C’est face à ces lacunes, chaque fois différentes, qu’est pensée puis mise en œuvre la restauration post bellica du patrimoine martyr, objet et sujet de cette thèse de doctorat.

JURY

  • Éric Charmes - Professeur à l’ENTPE de Lyon
  • Gabi Dolff-Bonekamper - Professeur à la T.U. de Berlin
  • Claudine Houbart - Professeur à l’université de Liège
  • Claudio Varagnoli - Professeur à la faculté d’architecture de Pescara
  • Yves Winkin - Professeur au CNAM de Paris
  • Chris Younes - Professeur en architecture à Paris
  • Vincent Veschambre - Professeur à l'ENSAL

Doctorat délivré avec les félicitations du jury.