Cycle
Master


DEM GeoArchitecture by Design (geoARCH)

Le domaine d’études de master GeoARCH propose de travailler sur une épistémologie du projet d’architecture dans sa dimension matérielle, qu’une géographie fluviale reconnaissable doit caractériser. Il est ouvert à tous les étudiants architectes de FI. En plus, il propose sous conditions l’obtention d’un double diplôme : Architecte DE et Master en études urbaines de l’Université de Lyon.

\ Descriptif

Le projet d’architecture, révélateur d’une géographie
L’atelier de projet architectural, creuset de connaissances

Le projet d’architecture est tout autant une connaissance des formes qu’une forme de connaissances. Il est le corps central de la discipline architecturale, à la fois outil de conception et producteur de connaissance. Si la fonction première de l’architecture reste la conception de formes tangibles de dimensions proches de l’édifice, la prise en compte de la géographie d’un territoire ne peut être éludée, car le projet est intrinsèquement transcalaire. Cet entrelacement d‘échelle prend aujourd’hui un nouveau sens, face aux enjeux de la question épineuse de l’Anthropocène. Par l’instauration d’une relation dialectique entre architecture et géographie, geoARCH veut ainsi affirmer clairement le cœur de la discipline à travers l’exercice complexe du projet d’architecture.
L’atelier de projet est le lieu de convergence des enseignements puisque recherche, théorie et workshops y sont intimement liés. Les projets des étudiants s’y nourrissent des cours de culture du projet architectural et urbain puisant leurs sources dans des courants de pensée comme le regional planning américain, le désurbanisme russe, l’architecture organique –mouvements à réinterroger face à la crise environnementale actuelle. Certaines approches spécifiques de l’atelier de projet telles que Research by design, Learning by doing, Visual thinking, y seront développées, parfois sous la forme de workshop. Le DEM geoARCH propose aux étudiants en architecture de relever le défi de la démonstration que le projet d’architecture –jusque dans sa composante matérielle de la pensée constructive- est en capacité de définir les formes urbaines des établissements humains du XXIème siècle.

La vallée du Rhône comme laboratoire du projet d’architecture
Vers une quatrième ville –fluviale ? Pourquoi le fleuve est un élément à (re)considérer dans la discipline architecturale

L’axiome de la position centrale de l’exercice du projet d’architecture dans une ENSA doit ouvrir un débat avec les étudiants sur leur vision future de l’aménagement des territoires. La vallée du Rhône élargie (i.e. la section de 300 km entre Lyon et Marseille et son proche bassin versant) a été choisie comme terrain de jeux parce que ce corridor, reliant les Alpes à la mer Méditerranée, est un objet géographique remarquable où les rapports entre le fleuve et différents gradients d’urbanité sont omniprésents sur l’ensemble de la vallée. Le DEM GeoARCH propose ainsi de travailler sur une épistémologie du projet d’architecture jusque dans sa dimension matérielle, qu’une géographie fluviale reconnaissable doit caractériser. La définition d’une quatrième ville fluviale, critique de la notion métropolitaine et d’un certain fatalisme de la ville diffuse, redéfinissant un rapport plus juste avec le fleuve est un des objectifs ambitieux du DEM. La question de savoir comment le projet d’architecture peut se réapproprier le fleuve (et vice-versa), un des éléments majeurs de nature anthropisée faisant partie intégrante de la vallée, semble être une question des plus urgentes dans notre contexte économique, social et environnemental. Cette « hypothèse projectuelle » débattue avec les étudiants tout au long du cursus permet de mener en parallèle une réflexion sur la place du vivant au sein du projet d’architecture ainsi que sur des études comparatives européennes de larges territoires fluviaux. Car il faut bien admettre, que, en matière d’(a)ménagement, les décideurs font fausse route depuis bien longtemps. C’est aussi l’occasion de donner aux étudiants en architecture, un rôle actif de futurs habitants de leur environnement, par leurs expériences vécues et leurs compétences acquises d’une pratique réflexive du projet.

Architecte et (dés)urbaniste
La double diplomation architecte DE (ENSAL) et master VEU (Université de Lyon)

Le DEM geoARCH est ouvert à tous les étudiants architectes de FI mais propose l’obtention d’un double diplôme (Architecte DE et Master en études urbaines de l’Université de Lyon) à ceux qui le souhaitent. Pour cela, les étudiants doivent suivre en parallèle de l’atelier de projet le parcours TFP (Territoires fluviaux en projet)* au sein du master VEU (Ville et environnements urbains) de l’Université de Lyon. Ce master VEU, soutenu par l’EUL (Ecole urbaine de Lyon) et le Labex IMU (Intelligence des mondes urbains) permet aux étudiants une excellente insertion professionnelle ou académique vers le doctorat. Il offre une formation pluridisciplinaire des sciences du territoire (géographie, anthropologie, ingénierie, etc.) ainsi qu’un voyage d’études à l’international chaque année (Canada, Berlin, etc.) *Ce parcours débutera en septembre 2022 avec le M1.

Diversifier les formes pédagogiques autour de l’ « atelier fractionné » du PFE
Sortir des sentiers-battus des formes pédagogiques académiques

Les étudiants de master ont tous connu l’expérience de l’atelier de projet, du cours magistral, du séminaire et du voyage d’étude –avec plus ou moins de satisfaction. Si l’atelier de projet reste le socle des études d’architecture, geoARCH leur propose de diversifier significativement les formes pédagogiques complémentaires de l’ « atelier fractionné » : voyage initiatique, résidence recherche, hackathon projectuel, arpentage sensible, workshop Acklab (maquettes, cartes-relief, prototypes), critiques silencieuses seront parmi les possibilités pédagogiques du DEM GeoARCH. Conscient de l’investissement que peuvent représenter des études de master en architecture, l’équipe enseignante veillera à ne pas perdre de vue la notion de satisfaction intellectuelle, voire de plaisir, que doit ressentir un étudiant à concevoir un projet qui lui ressemble, idéalement à s’étonner lui-même en découvrant jour après jour quel futur architecte il est en train de devenir.

Disputer les enseignants sur leur vision de l’architecture et des territoires de demain
Promulguer l’étudiant en situation d’acteur d’une ENSA – l’enseignant enseigné / l’étudiant étudié

Le master 1 est pensé plutôt comme une consolidation des acquis de licence puisque le « studio Source » et le « studio Delta » proposent un atelier de projet où site et programme sont prédéfinis. Le « studio vallée » du master 2, quant à lui, est l’occasion pour l’étudiant de disputer l’équipe enseignante sur sa vision de l’architecture et des territoires de demain. Par cette attitude réflexive, l’étudiant démontre son esprit critique en formation qui le conduit à sa presque autonomie projectuelle. Au fil de l’année, l’étudiant est amené à acquérir la faculté de plus en plus proche d’un libre-arbitre au regard de la discipline architecturale. Sur la défense de compétences propres à la discipline, le DEM geoARCH a choisi une prise de position claire tant par la définition d’un site d’études (la Vallée du Rhône) que par son engagement sur la notion du projet comme producteur de connaissances. Néanmoins, l’étudiant saura se saisir d’une certaine liberté à questionner plusieurs sites d’études et programmes parmi l’offre du « studio vallée ». C’est dans un dialogue constructif avec les enseignants que chaque étudiant pourra être amené à être force de proposition dans le cadre proposé par le DEM. Selon le contexte de l’atelier, et s’ils en font la demande, les étudiants pourront initier des activités autour de la production de leurs travaux telles que le montage d’une petite exposition, l’organisation d’un séminaire, la virée d’une échappée belle. L’objectif pédagogique visé restant, à travers un contrat moral basé sur la confiance réciproque, l’acquisition par chaque étudiant geoARCH d’une autonomie projectuelle exigeante soutenue d’un regard critique sur la discipline.


\ Directrice et directeurs d’études mémoires 2021-2022

Luna D’EMILIO, MCF VT
Ludovic GHIRARDI, MCF TPCAU
Julien JOLY, MCF TPCAU
Rovy PESSOA, CDD TPCAU
Bertrand RETIF, MCF VT


\ Directrice et directeurs d’études PFE 2021-2022

Luna D’EMILIO, MCF VT
Ludovic GHIRARDI, MCF TPCAU
Julien JOLY, MCF TPCAU
Stéphane LIEVRE, MCF TPCAU
Rovy PESSOA, CDD TPCAU
Pierre-Yves RUSTANT, MCA TPCAU