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L’architecture comme laboratoire de la mondialisation

Café du Laure animé par Pierre Gras.

  • CAFÉ DU LAURE / L’architecture comme laboratoire de la mondialisation : Gênes, Le Havre, New York (1945-2015)
  • 17.11. 18h-19h30. Zoom

La morphologie des métropoles portuaires interroge l’intense mondialisation de ces portes du monde que sont les grandes places maritimes. Héritage industriel et technique lié à leur activité, édifices historiques protégés ou prouesses architecturales réalisées sur des sites libérés par la délocalisation des activités portuaires sous l’effet de la massification des marchandises, les espaces portuaires de Gênes, du Havre et de Brooklyn, à New York, permettent d’approcher de façon critique l’évolution leur urbanité depuis un demi-siècle. Ces territoires constituent ainsi un « laboratoire » permettant d’observer à quel point leur évolution est singulière, loin de l’idée d’une globalisation planétaire absolue qui effacerait toutes différences entre les territoires au profit de leur seule fonctionnalité. Bien entendu, cette tendance existe, mais elle est souvent contrebalancée par des histoires, des situations urbaines, des politiques publiques ou privées contrastées, qui produisent des formes et des identités tout à fait différentes. Un temps écartées des grandes « routes » de la mondialisation, les métropoles portuaires y sont revenues aujourd’hui de plain-pied, par des itinéraires qui leur sont propres et les rendent désormais plus attractives. Elles le font à travers de « grands récits » auxquels les sociétés contemporaines sont attentives et qui véhiculent, davantage encore que l’architecture ou les formes urbaines, un certain discours sur la mondialisation qu’il convient d’identifier et de décrypter.

  • Pierre Gras
Docteur en histoire des formes urbaines, écrivain et consultant spécialisé dans le monde des villes, Pierre Gras a publié plusieurs ouvrages consacrés aux questions maritimes et portuaires, parmi lesquels Le Temps des ports (2010) et New York Factories (2014). Il est actuellement chercheur associé au laboratoire EVS-Laure (UMR 5600 du CNRS) et chargé de cours à l’École nationale des travaux publics de l’État.